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Monsieur Linh
Écrit par Ph. Claudel
Dimanche, 07 Mars 2010 04:06
Ce texte sans prétention écrit dans un présent aux multiples valeurs d'emploi, peut d'emblée hérisser : on y trouve en effet une amorce de repentance (des anciens colonisateurs envers les colonisés), et des allusions aux guerres conduites au siècle dernier dans le sud-est asiatique (mais ce qu'on lit semble bien davantage emprunté aux clichés - vrais ou faux - véhiculés par les médias sur les interventions américaines, qu'aux actions de l'armée française). Cela fait irrésistiblement songer à la fameuse photo de 1972 représentant la petite Kim Phuc, alors âgée de neuf ans, dans la région saïgonnaise (village de Trang Bang). Photo très largement truquée (les Américains n'avaient rien à y voir, il s'agissait d'un assaut de soldats sud-vietnamiens contre des positions du Nord-Vietnam), comme on sait, du moins dramatiquement mise en scène par un cadrage très "resserré". Et puis, cette allusion géographique au lieu où se déroule la scène ! A lire que "quantités d'oiseaux tourbillonnent et plongent parfois dans les eaux du port", on pourrait se croire non dans la cité phocéenne, mais assistant à une scène époustouflante en effet, montrant les Fous du Cap tels que les a si magnifiquement filmés Jacques Perrin dans Océans ! Il n'empêche : au-delà de la folie des hommes, ce calme déroulement d'une amitié qui naît entre deux solitaires, un boat people et un veuf désœuvré, hanté par le manège qui a rythmé sa vie, est émouvant à plus d'un titre. Et mérite d'être lu.
Dans le dortoir, la vie n'a pas changé. Les deux familles sont toujours là. Les hommes passent leurs journées et une partie de leurs nuits à jouer aux cartes ou au mah-jong, à palabrer, à rire, à s'insulter, à se réconcilier en buvant parfois jusqu'à l'ivresse des verres d'alcool de riz.
Écrit par Ph. Milner
Samedi, 27 Février 2010 13:26
Dans À bas les élèves !, Ph. Milner esquisse à grands traits une série d'archétypes d'enseignants, galerie de portraits aussi savoureux que plus vrais que nature - je le sais, je les ai subis, côtoyés, rencontrés. De cette galerie, j'extrais quatre portraits - si répandus ! Il en existe d'autres, je sais. Mais ceux qui sont croqués ci-dessous représentent un tel pourcentage, tellement significatif…
Le prof sadique
S'il est permis de perdre patience et de devenir cassant, tout le monde heureusement n'y prend pas plaisir au point de l'ériger en système de relations à autrui.
Tribunal correctionnel de Grelibre, le 1er octobre 20..
On n'était pas venu là par pur hasard, ou désœuvrement. On n'entre pas dans un Palais dit de justice (après fouille sérieuse), comme on s'attable à la terrasse d'un café, pour regarder passer les bonnes gens. Et pourtant, c'est le même spectacle ou à peu près, la même foule qui défile. Sauf qu'il n'y a guère de commune mesure entre déambuler le nez au vent, et traverser la salle des Pas-Perdus parce qu'on a reçu une convocation…