Il en connaît un rayon, ce Giannoli !

Et d'abord, quand on songe à la filmographie de son acteur vedette dans Les rayons et les Ombres, on ne voit que magnifiques interprétations ; au hasard avec Novembre, J'accuse, et parmi bien d'autres, Sur les chemins noirs de Tesson. Quel extraordinaire interprète, ce Jean Dujardin, ici puissant patron de presse et mais surtout figure jouisseuse de la collaboration sous l’Occupation (a-t-il brûlé la vie par les deux bouts à cause de sa phtisie ?). Mais aussi, quel exceptionnel metteur en scène, que ce Xavier Giannoli, dont il convient évidemment de rappeler l’incursion balzacienne ; mais ce sera tout aussitôt pour pointer ce qui m’apparaît comme une faiblesse : Giannoli veut trop en dire, et il en devient bavard. Il l’était déjà avec Illusions perdues. Et le magnifique film dont nous parlons ici aurait pu, sans trop souffrir, être raccourci d'une bonne heure.

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Décidément, tout fout le camp ! Ou la triomphante ère du vide

Feu Chirac avait un jour énoncé, dans son style si caractéristique, que les emmerdements volaient en escadrille. Mutatis mutandis, je pense que l'expression peut aussi s'appliquer aux mauvaises nouvelles, annonciatrices selon moi d'une incroyable — et définitive ? — défaite de la pensée.

Ainsi ai-je appris qu'hier la collection La Pléiade, pour laquelle jusqu'ici j'ai toujours fait montre des yeux de Chimène, venait d'introduire en son sein... Le Deuxième sexe, et donc l'élève modèle et appliquée, et si besogneuse, Simone de Beauvoir ! La De Beauvoir bi-sexuelle (et pédophile, à l'occasion) et son foutu Deuxième Sexe, célébré par tous les germanopratins et autres suiveurs ! "Il est rare qu'un livre change la face des choses", plaide l'introducteur, qui ajoute que cet ouvrage est "un monument dont la portée philosophique est considérable". J'ai failli défaillir ! L'avez-vous lu ? Avez-vous été indigné, ou amusé, par ce pavé pesant autant qu'indigeste, cette collection de sottises bourgeoises et de portes ouvertes enfoncées ? Tenez, par exemple, l'auteur nous raconte doctement que si les ouvrières ont plus d'enfants que les femmes... ressemblant à de Beauvoir, c'est qu'ayant fait la vaisselle, le soir, elles sont fatiguées, et n'ont par conséquence pas le courage de se relever pour aller se laver après le coït. Tandis que les bourgeoises, elles... Incroyable, mais vrai ! Et je songe aussi au  fameux on ne naît pas femme, on le devient : nul n'est besoin d'avoir beaucoup étudié l'éthologie pour constater qu'il existe chez les animaux une sorte "d'éternel féminin", de naturel partage des rôles selon le sexe. Mais voilà, les gens du Café de Flore sont les seuls à pouvoir se faire entendre et à imposer leurs vues. Quand je pense que l'éternel mari de la donzelle, le sieur Sartre, est encore adulé (moins que de son vivant, certes), alors qu'il s'est trompé sur tout, SUR TOUT !

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Le sinistre botoxé rattrapé par la patrouille Epstein

Mais on peut raisonnablement estimer que, comme il s'en est tiré pendant quarante ans (protégé par le privilège rouge, diraient certains), il ne risque rien, parvenu à 86 ans, ce flamboyant membre des pseudo-élites mondialisées. 

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Désespérant pays

Quel pitoyable spectacle, une fois encore ! À peine Lecornu eut-il prononcé le magique sésame : suspension, que le piètre (pleutre) Flanby donnait le signal d'applaudissements frénétiques. Cette chiffe molle (je suis poli) n'était pas à une avanie près. Et je songeais à tous ces socialistes qui, nourris depuis l'enfance par l'argent de l'État, se préoccupaient comme d'une guigne de l'avenir du pays : la dette paiera !

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Automne

Un entrefilet de Gallica a récemment retenu mon attention. Il signalait un article sur l'automne, publié par Colette dans la Revue de Paris, livraison de septembre-octobre 1939 [Les lecteurs curieux pourront le retrouver intégralement sous ce lien : https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k3051665p/ ; ou encore à se reporter au volume Pléiade Oeuvres, T. IV, pp. 156-SQ]. 
Cet article m'a paru si lumineux que j'ai décidé, d'une part d'en reproduire quelques extraits, d’autre part, in fine, de me livrer à son propos à quelques computations, comparaisons & réflexions...

"De l’imagination ; mais on sent un parti pris de se singulariser". Elle m’est restée dans la mémoire, cette note écrite à l’encre rouge en marge d’une composition française. J’avais onze, douze ans. En trente lignes, je déclarais n’être point d’accord avec ceux qui nommaient l’automne un déclin, et je l’appelais, moi, un commencement. Sans doute je fis mal entendre ma pensée, qui n’a point changé, et je voulais dire que le vaste automne, insidieusement couvé, issu des longs jours de juin, je le percevais par des signes subtils, et à l’aide surtout du plus sauvage de mes sens, qui est l’olfactif. Mais une enfant de douze ans dispose rarement d’un vocabulaire qui soit digne de traduire ce qu’elle pense et ressent. Pour n’avoir pas choisi le printemps diapré et ses nids, je n’eus qu’une note médiocre. [...]

La fureur de croître, la passion de fleurir se calment dans la nature à la fin de juin. Le vert universel s’est alors assombri, le front des forêts prend la couleur des prairies de zostères en mer peu profonde. Seuls au jardin la rose que l’homme, mieux que la saison, gouverne, certains grands pavots, des aconits, des parures annuelles continuent le printemps, proclament l’été. Les sureaux sont tombés de fleur à graine, et les prés fauchés attendent le regain. 

Quand, ah ! quand viendra l’automne aux mains pleines ?

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