Curieuses rencontres, parfois ! C'est en feuilletant un "vieux" livre de pédagogie appliquée (Les tests à l'école, d'André Ferré [mais oui, le co-auteur avec P. Clarac de la première édition "Pléiade" d'À la recherche du temps perdu !], aux Éditions Bourrelier & Cie, 1954), que j'ai trouvé l'amorce du texte qui va suivre !

 

"Pour la mère à présent plus de nuit, plus de somme ;
Sait-on bien ce qu'elle entreprend ?
Faire parler, marcher l'enfant, - créer un homme !
Que fera l'homme de plus grand ?"

J. Aicard, in La chanson de l'enfant, 1875

 

 

À l'occasion de la Fête des Mères 2024...

 

 

Poème pour la fête des mères

 


Ma mère, que j'aime beaucoup,
         M'a donné tout.


J'aimerai cette bonne mère,
         Ma vie entière.


Elle m'a soigné tout petit,
         On me l'a dit.


Elle a balancé ma couchette
         Blanche et proprette ;


M'apprit à marcher pas à pas,
         Tenant mon bras ;


À dire un mot, puis à tout dire,
         Même à sourire.


Quand elle est là, je ne crains rien.
         Je l'aime bien.


Si je pleure, elle me console
         D'une parole ;


Et, vite, son baiser charmant
         Me rend content.


Je veux rendre heureuse ma mère,
         Ma vie entière,


Travailler et l'aimer bien fort
         Jusqu'à la mort !

 

© Jean Aicard, in Le Livre des petits, Paris, Delagrave, 1886

 


 

 

Quelques articles appartenant à la même catégorie (Poésie)

 

La vieille école de Gilles Vigneault
(Écrit le 8 juin 1982 par Gilles Vigneault - Mis en ligne le 1 mars 2016 - 7973 lectures)
1936 : Poèmes oubliés de Noël Mathieu
(Écrit le 23 janvier 1936 par N. Mathieu - Mis en ligne le 1 mai 2026 - 330 lectures)
Hugo : Il fait froid
(Écrit le 1 janvier 1839 par V. Hugo - Mis en ligne le 1 janvier 2002 - 14294 lectures)
René-Guy Cadou : Rentrée des classes
(Écrit le 1 septembre 1965 par R.-G. Cadou - Mis en ligne le 1 septembre 2001 - 13948 lectures)
Tu n'en reviendras pas...
(Écrit le 5 novembre 1956 par Louis Aragon - Mis en ligne le 11 novembre 2017 - 15400 lectures)
Max Jacob : Le départ
(Écrit le 20 novembre 1921 par M. Jacob - Mis en ligne le 20 novembre 2002 - 15984 lectures)
Supervielle : Les amis inconnus
(Écrit le 14 mars 1934 par J. Supervielle - Mis en ligne le 14 mars 2003 - 17149 lectures)

 

 

 

Ma
Mère
"Le Livre des Petits ne saurait manquer son but. Il y a, dans ces 174 pages si joliment illustrées par M. Geoffroy, le peintre des écoliers et des enfants, toute une gerbe embaumée. C'est bien là de la poésie saine et profonde. Elle sent bon comme le linge frais, parfumé à l'iris, des vieilles armoires du pays. Tout un monde de chers souvenirs vous remonte au cœur en lisant ces pièces de vers où, comme le plus beau nom que puisse évoquer le poète, le nom de la mère apparaît à la première ligne :

Ma mère que j'aime beaucoup
M'a donné tout.


Et parmi les livres bons à mettre aux mains des enfants, je n'en sais pas de meilleur que celui de ce poète qui, simple sans être puéril, doux sans être fade, tendre en restant mâle, interrompt, pour parler aux adolescents, les drames qu'il porte en sa tête et les œuvres qu'il va faire applaudir par la foule".

[Jules Clarétie, Revue pédagogique, 1887]