À telle enseigne que le sous-titre de la première partie de ces Mémoires — les Atrides — se trouve parfaitement justifié : Pasqua a la dent dure moins pour ses adversaires politiques qu'à l'égard des alliés, au premier rang desquels les giscardiens : Fourcade, d'Ornano, et particulièrement Poniatovski... Ceci posé, on rappellera tout de même qu'on doit d'importants succès à sa vigoureuse action en tant que ministre de l'Intérieur, parmi lesquels on peut citer l'arrestation sans violences des zozos criminels d'Action directe, Ménigon, Rouillan, Aubron et Cipriani. In fine, on notera aussi que cet "homme de l'ombre", comme le désignèrent de farouches opposants, s'était engagé dans la Résistance dès 42. Il avait alors quinze ans...
Ch. Pasqua
⁂
I. L'entrée en scène du Sphinx…
22 mars 1986. 9 heures...
Premier Conseil des ministres du gouvernement de cohabitation : nous avons été priés d'être assez en avance.
Depuis vingt minutes, le ballet des voitures officielles a commencé dans la cour du palais de l'Élysée ; des huissiers affables nous accueillent et nous dirigent vers un petit salon. Michel Charasse, qui nous reçoit, me dit : "Tu vois, Charles, j'ai maintenu ce que je faisais pour vos prédécesseurs : café, thé, chocolat, viennoiseries". Nous parlons avec lui de choses et d'autres : ce sera le seul moment de convivialité de ce premier Conseil.
La plupart d'entre nous sommes ministres pour la première fois, et curieux de voir comment cet épisode contre nature va se dérouler. Nous y assistons, membres attentifs d'une troupe qui attend les premiers rôles.
9 h 25... Nous entrons dans la salle des délibérations ; les huissiers nous indiquent nos places respectives. Nous attendons le président et le Premier ministre, qui sont réunis et arriveront ensemble, nous a-t-on dit. Celle qui m'échoit se situe en face de François Mitterrand, légèrement décalée, à droite de Jacques Chirac : ce sera un poste d'observation privilégié deux années durant...
9 h 50... L'huissier de service annonce : "Monsieur le président de la République..." Tout le monde se lève. François Mitterrand entre, très raide, compassé, visage fermé, sans un regard pour quiconque. Plus sphinx que jamais, il s'installe à sa place.
Le Premier ministre rejoint la sienne.
Le Conseil des ministres commence. Pourtant, contrairement aux usages, il n'y aura aucune présentation des membres du gouvernement au président de la République. Il les a nommés "sur proposition du Premier ministre", mais d'entrée de jeu il les ignore.
Il n'y aura pas non plus de photo officielle sur les marches du palais de l'Élysée, comme s'il souhaitait par avance effacer toute trace de cet épisode.
Pas de photographie qui le montrerait au milieu de ses adversaires ! Pas de témoignage de ce moment pénible.
Pas de photographie non plus pour ceux qui se sont faits les théoriciens de cette cohabitation perverse contraire à l'esprit des institutions de la Ve République.
Pas de photographie pour ceux qui savourent, béats, cet instant mémorable qui fait d'eux des ministres de la République.
Pas de photographie, enfin, pour ceux, dont je suis, qui ne voient dans ce Conseil qu'une étape dans un combat engagé longtemps auparavant.
Le président de la République donne la parole à "Monsieur le Premier ministre", et en vingt-cinq minutes, ce premier Conseil est expédié.
François Mitterrand n'a pas desserré les dents. Autour de lui, il n'a que des adversaires — et quelques ennemis —, mais il assume.
La situation est pour lui incommode, c'est le moins que l'on puisse dire. Pendant quelques instants nos regards se croisent : que lui vient-il à l'esprit ?
Les combats menés au Sénat contre lui pour l'école libre, la liberté de la presse ou la Nouvelle-Calédonie ?
Les contacts organisés au travers de Charles Salzmann, son conseiller, afin de préparer l'alternance ? Cet aparté avec ce "terrible M. Pasqua" dans les salons de l'Élysée qui avait tant intrigué le président Poher et d'autres ?
Lui seul le sait.
Mais toute son attitude démontre que ceux qui croient l'avoir neutralisé se trompent.
Redoutable joueur d'échecs, il a tiré les leçons d'une manche perdue et prépare d'ores et déjà la revanche quand, dans notre camp, certains savourent ce qu'ils pensent être la victoire.
Certes, malgré le changement in extremis de la loi électorale, nous avons, avec nos alliés, la majorité absolue à l'Assemblée nationale ; mais nous ne disposons que de deux années pour appliquer notre programme et mettre celui qui sera notre candidat en position favorable dans la perspective des élections présidentielles.
Depuis que Pierre Juillet a choisi Jacques Chirac et pense lui avoir insufflé un peu de sa force et de ses convictions, c'est l'objectif auquel quelques-uns d'entre nous se sont consacrés après la disparition de Georges Pompidou en 1974.
En fait, c'est une tragédie classique qui s'est mise en place et qui se joue depuis. Les éléments du drame, les acteurs sont connus.
L'enjeu : une certaine idée de la France.
La scène : notre pays.
Comme dans tous les classiques du genre, rien ne manque : la foi qui soulève les montagnes, la conviction qui entraîne et qui permet de rassembler les énergies, le courage et les dévouements, la lâcheté ordinaire et les reniements, lez chausse-trapes et les coups bas !
Mais aussi la résurrection, le rassemblement des volontés, les batailles, les succès… et les échecs !
II. Pasqua à la manœuvre sénatoriale…
Sénateur des Hauts-de-Seine depuis 1977, vice-président du groupe RPR, je suis sans doute l'un des seuls à avoir compris à ce moment le rôle que pouvait jouer le Sénat face à une Assemblée nationale entièrement entre les mains d'un majorité de gauche. Bénéficiant de l'image de défenseur do valeurs républicaines, il peut et doit devenir le bastion de l'opposition. Il faut donc le préparer à réagir.
Très tôt en 1981 je vais suppléer, à sa demande, Pierre Carous, alors président du groupe RPR, dans les réunions de présidents de groupes de la majorité sénatoriale(1).
Mon analyse est simple : il faut nous préparer à une bataille parlementaire de tous les instants et, dans cette optique, remettre en question les comportements de temps de paix.
Face à l'attitude sectaire de la gauche à l'Assemblée nationale, je bataillai ferme et obtins que toutes les présidences de commissions qui jusqu'alors étaient réparties à la proportionnelle soient tenues par des membres de la majorité sénatoriale ; quelques-uns s'en souviendront plus tard et seront nos fidèles alliés(2).
Une anecdote illustrera mieux qu'une savante analyse l'esprit qui régnait alors au Sénat.
La présidence de la commission des affaires économiques ayant été attribuée au RPR, il nous appartenait de proposer un candidat. Marc Jacquet, ancien ministre du général de Gaulle, ancien rapporteur général du budget à l'Assemblée nationale, nous paraissait être l'homme idoine. Les commissaires de la majorité sénatoriale refusèrent au prétexte qu'il était un "nouveau" : il avait en effet été élu un an plus tôt. Nous dûmes donc désigner un autre président, Marc Jacquet en conçut une vaine amertume.
Au Sénat, les lauriers obtenus dans une autre assemblée ou un passage au gouvernement n'impressionnent personne, bien au contraire. Si l'on ajoute à cela le conseil donné aux sénateurs fraîchement élus par leurs anciens : "La première année n'intervenez pas, écoutez, regardez, apprenez", on comprendra mieux les différences existant entre les deux Assemblées. Ne dit-on pas d'ailleurs que l'Assemblée nationale est celle des emballements et des outrances, du Sénat que c'est celle de la mesure et de la réflexion ?
Plus simplement, si l'on s'en tient à l'atmosphère sécrétée par les murs, je dirais qu'au Palais-Bourbon le bruissement, dans l'air, des poignards est perceptible, tandis qu'au Sénat c'est le poison dans les breuvages. La brutalité des mots chez les uns, la mesure du verbe chez les autres ne doivent pas faire douter de l'efficacité. François Mitterrand et ses différents gouvernements en feront l'expérience tout au long de la législature. Certains se souviennent encore de leurs cuisants échecs.
Une autre anecdote permet d'illustrer le climat qui régnait à cette époque au Sénat et qui y règne, quelquefois, encore.
Je vois comme si c'était hier la venue au Sénat de Laurent Fabius, secrétaire d'État au Budget de Pierre Mauroy.
Je le revois encore, jeune homme fringant, pétri de certitudes, montant à la tribune, promenant sur notre vénérable assemblée un regard surpris et condescendant, avant de nous présenter les grandes lignes d'un budget caractérisé par l'augmentation massive de la dépense publique, celle des impôts, les nationalisations et autres mesures d'une autre époque dont il donnait le sentiment de croire qu'elles allaient changer la vie des Français et des classes populaires, comme l'on disait alors.
Pour lui répondre, la commission des finances avait délégué deux de ses vice-présidents ; tout d'abord M. Descours-Desacres, polytechnicien, dont l'alacrité des propos, à peine tempérée par un visage souriant et un regard apparemment bienveillant, en avait fait trébucher plus d'un. Il devait se surpasser. "Ah, monsieur le ministre, dit-il, c'est toujours un moment d'intense émotion lorsque se révèle à notre Assemblée un nouveau talent". Après avoir laissé à Laurent Fabius le temps d'apprécier ses propos, il devait enchaîner : "Mais c'est pourquoi nous n'en serons que plus sévères devant ce budget qui n'est ni fait ni à faire, cumule toutes les fautes, les erreurs, et conduira à l'échec".
Le second vice-président à monter à la tribune fut Geoffroy de Montalembert. Il jouissait dans notre Assemblée d'une grande considération, ayant été élu pour la première fois avant la Seconde Guerre mondiale. Lui aussi aimable, souriant, très vieille France, mais très ferme dans ses convictions, s'adressa à Laurent Fabius dans ces termes : "Décidément, jeune homme, vous autres socialistes ne changerez jamais ! Je suis obligé de vous faire aujourd'hui, sur votre projet de budget, les mêmes observations que je faisais à Léon Blum en 1936..." Laurent Fabius, confronté à un contemporain de Léon Blum, était blême et quelque peu désemparé; il venait tout à coup de comprendre que l'avenir dans cette Assemblée ne serait pas de tout repos.
III. Un regard ironique sur les "avancées" de la gauche...
Très vite, la bataille va commencer contre ce gouvernement qui, d'entrée de jeu, multiplie effets d'annonce et mesures, sans se préoccuper de leur financement comme si le temps lui était compté. Comme l'explique aujourd'hui ingénument un ancien conseiller économique de François Mitterrand : "[...] les choix économiques de 1981 ont obéi à une logique de politique intérieure. Il s'agissait, notamment par une forte revalorisation du pouvoir d'achat des ménages à faibles revenus, de montrer que la gauche accomplissait sa tâche historique et, au passage, de prouver aux électeurs communistes qu'ils avaient eu raison de faire confiance à un président socialiste. Le problème est venu de ce que cette stratégie politique a été mise en œuvre à un moment défavorable..."(3)
Les socialistes imaginaient, en fait, trouver une solution rapide au problème du chômage grâce à une politique de relance de l'économie. Cette relance devait être obtenue à la fois par une augmentation directe de la consommation des ménages découlant du relèvement d'un certain nombre de minima sociaux ou d'aides, ainsi que par un important programme de nationalisations, le secteur public devant se substituer au secteur privé défaillant.
C'est dans ce cadre que s'inscriraient le relèvement de 10 % du SMIC (1er juin 1981, avant les élections législatives), l'augmentation de 20 % du minimum vieillesse (1er juillet 1981), l'augmentation de 25 % des allocations familiales (1er juillet 1981), la revalorisation de l'allocation logement (de 50% en deux fois au cours de l'année 1981). C'est dans ce contexte que se situeraient les nationalisations.
De fait, en cette fin d'année 1981, tous les indicateurs passaient au rouge : chômage en hausse — le chiffre de deux millions de chômeurs serait atteint au mois de décembre 1981 —, endettement sans cesse croissant, fuite des capitaux, perte de confiance. Ce qui paraissait à tous inéluctable depuis le mois de juin survint : une première dévaluation du franc eut lieu le 4 octobre. Trois autres suivraient. La politique conduite par Pierre Mauroy, sous la férule de François Mitterrand, débouchait sur un désastre économique et financier.
Quelques jours plus tard s'ouvrit à l'Assemblée nationale le débat sur le projet de loi de nationalisation, cœur du dispositif économique de la coalition gouvernementale. II s'agissait, ni plus ni moins, de nationaliser la quasi-totalité des établissements bancaires et les cinq groupes industriels les plus importants.
Ainsi qu'il a été dit et redit, cette loi de nationalisation datait, puisqu'elle était directement inspirée du programme socialiste de 1972. De surcroît, elle ne correspondait plus à la situation économique et financière du moment, qui était caractérisée par une forte inflation et une croissance nulle. Convaincue du caractère néfaste de ces mesures pour le pays, l'opposition allait se battre pied à pied au Parlement afin d'essayer, sans trop d'illusions, d'empêcher leur adoption. L'Assemblée nationale fut le théâtre quinze jours durant, au mois d'octobre, d'une bataille d'amendements, le Sénat opposant quant à lui l'irrecevabilité ou la question préalable. Jean Foyer, pour l'opposition, Michel Charzat, rapporteur spécial, André Laignel et le Garde des Sceaux Robert Badinter, pour la majorité, allaient être les principaux acteurs de la première partie de cette bataille constitutionnelle et juridique.
L'exaspération de la majorité socialo-communiste face à la résistance de l'opposition ne faisait que croître. C'est ainsi qu'à bout d'arguments André Laignel lança à Jean Foyer le désormais célèbre "Vous avez juridiquement tort car vous êtes politiquement minoritaires" !
C'est dans cette atmosphère électrique que s'ouvrit pour le Parti socialiste le congrès de Valence(4). Une nouvelle fois, Pierre Mauroy dut écouter tout et son contraire, et indiquer que le cap serait maintenu. Pour beaucoup d'élus socialistes, l'échec économique ne devait rien à l'anachronisme de la politique qu'ils avaient suivie, à son inadaptation à la conjoncture internationale ; il était tout simplement le résultat des menées de l'ennemi de l'intérieur.
Mieux que de longs discours, les propos tenus par certains responsables socialistes pendant ce congrès témoignent de l'état d'esprit régnant à l'époque. Ils sont devenus des morceaux d'anthologie.
Le 25 octobre, intervenant au Club de la presse d'Europe 1, Louis Mermaz déclarait qu'il "serait nécessaire de prendre des sanctions contre ceux qui s'opposent à la volonté populaire, au changement voulu par la majorité du pays".
Pour Paul Quilès, "la naïveté serait de laisser en place des gens qui sont déterminés à saboter la politique voulue par les Français (recteurs, préfets, dirigeants d'entreprises nationales, hauts fonctionnaires). Il ne faut pas non plus dire "Des têtes vont tomber" comme Robespierre à la Convention, mais il faut dire lesquelles, et le dire rapidement".
De son côté, le ministre de l'Intérieur Gaston Defferre s'indigne : "Certains n'acceptent pas le verdict populaire. S'ils n'avaient pas été nationalisés, ils n'auraient pas hésité à saboter la politique économique et financière du gouvernement pour nous chasser du pouvoir..."
Le Cérès ne pouvant paraître en retrait des représentants des autres courants du Parti socialiste, Georges Sarre se devait de renchérir : "Les partis de droite crispés sur la défense des privilèges ne reculent pas devant des combats d'arrière-garde. Qui peut douter qu'il n'y ait pas en leur faveur des complicités de la part des hauts services du ministère de l'Économie et des Finances ? Il faut que le gouvernement agisse. Il faut se séparer de certains hauts fonctionnaires qui sont des politiques..."(5)
Le 26 octobre, le projet de loi sur les nationalisations est adopté en première lecture à l'Assemblée nationale. Mais les outrances, les débordements de certains élus socialistes, ainsi que les mesures prises par le gouvernement de Pierre Mauroy commencent à faire comprendre aux Français ce qui leur est proposé.
Le remplacement des responsables de toutes les stations de radio et chaînes de télévision au profit de partisans de la nouvelle majorité, la régularisation de cent trente mille immigrés en situation irrégulière, l'abolition de la peine de mort, l'accroissement des déficits, l'augmentation massive des dépenses vont avoir des conséquences immédiates.
Dès janvier 1982, les quatre sièges qui étaient à pourvoir lors d'élections législatives partielles sont gagnés par le RPR ; les élections cantonales sont une véritable déroute pour la gauche, le RPR gagnant cent quatre-vingt-dix-neuf sièges, l'UDF quatre-vingt-neuf ; l'opposition remporte aussi huit présidences de conseils généraux.
Dans le même temps, tant pour tenir des engagements électoraux que dans l'espoir d'obtenir une baisse du chômage, le gouvernement décide par voie d'ordonnance la diminution du temps de travail sans diminution de salaire (trente-neuf heures) et instaure une cinquième semaine de congés payés. Ces mesures, si elles constituent une avancée sur le plan social, n'aboutiront pas au résultat escompté. La loi sur les nationalisations des groupes industriels sera promulguée au mois de février. Mais l'expérience tentée par les apprentis sorciers du Parti socialiste touche à son terme : les déficits se creusant, le chômage continuant à progresser, un changement de politique est inévitable ; il interviendra au mois de juin avec l'adoption d'un plan de rigueur, accompagné d'un blocage des salaires et des prix, d'un relèvement de la TVA, d'une tentative de diminution des dépenses. Ce plan sera accompagné d'une deuxième dévaluation, suivie d'une troisième.
François Mitterrand et ses amis auraient fait aussi bien que Léon Blum et les siens.
À mi-parcours de la législature dominée par les socialistes, qui détiennent la majorité absolue des sièges, le Parti socialiste tient son congrès à Bourg-en-Bresse(6).
Le climat était morose ; l'heure n'était plus aux envolées lyriques et aux mesures de "progrès social". La rigueur, tel était le nouveau maître mot du gouvernement. Il était indispensable d'offrir aux Français l'image d'un parti rassemblé : il ne fallut pas moins de onze heures à Lionel Jospin pour aboutir à une synthèse entre les différents courants, un record !
Notes
(1) Pierre Carous, sénateur-maire de Valenciennes, président du Mouvement national des élus locaux.
(2) Notamment Jacques Larché, sénateur de la Seine-et-Marne, qui devint président de la Commission des lois.
(3) François Stasse, Affronter la crise, Institut François-Mitterrand, 21 murs 2005.
(4) 24-25 octobre 1981.
(5) Le Monde, 24, 25 et 26 octobre 1981.
(6) 28-30 octobre 1983.
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