On a pu écrire de Pierre Sansot qu'il était un "sociologue éminent et vagabond, aimant réfléchir, à propos des phénomènes sociaux et humains, sur le terrain et à la marge". Sur le terrain et à la marge, cette définition colle parfaitement au texte dont je soumets, aujourd'hui, quelques pages - en réalité, un court chapitre d'une thèse de doctorat, soutenue en 1971 par ce "sociologue éminent et vagabond", sous la direction de Mikel Dufrenne (1910-1995), autre éminent universitaire. Lorsqu'on évoque une thèse de doctorat, on songe immédiatement à un texte savant, truffé de notes de bas de page, pour compléter ou expliciter tel ou tel développement du texte principal, ou pour préciser l'origine de telle ou telle citation... Or, dans la thèse intitulée "Poétique de la ville", il n'y a pas une seule note de bas de page, ce qui ne laisse pas d'être particulièrement surprenant, à plus d'un titre. Mais ne célons rien : il y en a en réalité une, une seule et unique ! On la trouve (dans l'édition sur laquelle j'ai travaillé, publiée en 2004 dans la collection Petite bibliothèque Payot) au bas de la page 70 (dans un ouvrage de près de 630 pages), et elle concerne une citation relevée chez Henri Lefebvre, Le Droit à la ville, Paris, Anthropos, 1968, p. 36. Cela suffit, soit dit en passant, à mesurer en quelle estime Sansot tenait cet auteur, au sujet duquel il écrit, par ailleurs (page 434), "nous connaissons les travaux remarquables de l'équipe d'Henri Lefebvre sur les pavillonnaires".
Il s'agit d'un d'un texte assez touffu, sans aucune respiration, et déroutant à plus d'un titre (surtout si l'on n'a rien lu, auparavant, de cet auteur), car les très nombreuses allusions de l'auteur (essentiellement à des philosophes, mais aussi à des poètes) sont faites à peu près comme si le lecteur était parfaitement au courant de tous ces travaux antérieurs... Cela démontre, soit dit en passant, que Sansot avait lu (et digéré) des bibliothèques entières : il nous faut en prendre notre parti...
Ici donc, "La pluie révèle la beauté cachée des lieux tout en apportant une dimension psychologique et sociologique : elle incite les habitants à se replier chez eux, où les tensions et les secrets familiaux se déploient. La pluie marque une frontière entre les apparences et les réalités sous-jacentes de la ville, dévoilant l'isolement et la méfiance des habitants. Le texte oppose cette ambiance provinciale à l'énergie et la chaleur de la vie dans les faubourgs populaires, suggérant que chaque lieu et chaque moment a ses propres symboles et effets sur les individus".

 

"Pierre Sansot nous a rendu la ville, celle qu’un certain urbanisme avait tenté de confisquer, celle qu’une pensée urbanistique réduisait à ses fonctionnalités. Qui aurait cru, il y a trente ans, que ses évocations nostalgiques marqueraient autant le discours des opérationnels de la ville eux-mêmes ? Qui aurait accordé à cette phénoménologie au singulier autant de pouvoir et de dynamique ? Certes, en incarnant l’introduction du sensible dans la pensée urbaine, Pierre Sansot a souvent été une caution pratique, aussi vite reléguée que mentionnée, dans un rôle proche de celui dévolu à Gaston Bachelard sur d’autres problématiques"

H. Torgue

 

Nous allons, au cours de cette "variation urbaine", faire intervenir trois éléments : le promeneur, la caméra, la pluie. On peut affirmer qu'il s'agit de trois mouvements qui ne relèvent pas du même registre (existentiel ou esthético-mécanique ou physique) et dont, cependant, les mouvements se fortifieront. La pluie va permettre à la caméra et au promeneur d'accomplir leur périple en souplesse. Mais, sans la caméra, nous ignorerions les effets de la pluie sur les intérieurs et, sans cet homme qui arrive dans une ville inconnue, ce ne serait qu'une soirée morose, une soirée perdue... puis il viendra un moment où la pluie, sans l'aide de l'homme, se mettra à changer la ville. Par cette variation atmosphérique, en apparence anodine, nous allons mettre en évidence le dedans d'une ville : du topologique au psychologique et au sociologique, tel sera le trajet... de notre chapitre.

Il pleuvait beaucoup sur les petites villes du cinéma d'avant 1939 et il n'y pleuvait pas au hasard. Cette image rituelle n'était pas liée, comme dans le roman paysan ou comme dans une certaine poésie rustique, aux remuements de la terre, à l'espérance de la fécondité. L'épopée naturelle cédait la place à la narration sociale. Elle signifiait l'imminence d'une aventure humaine. Il venait de pleuvoir, les rues étaient mouillées et la caméra glissait avec d'autant plus de souplesse et de perspicacité sur les trottoirs, sur les façades, sur les toits. La pluie, avant même de transformer le paysage, avait pour effet de changer le regard : non point un regard humide, brouillé mais silencieux, rapide, souple, adroit.

L'arrivant, bien ou mal protégé, les valises à la main, éprouvait de la crainte, une légère angoisse. C'était donc là l'accueil qu'on lui réservait. La ville s'était vidée, les volets demeuraient clos, de rares autos circulaient. Cette neutralisation de la ville reflétait l'indifférence ou la méfiance des habitants, et, en même temps, elle permettait de détacher le bruit des pas, la silhouette grise, les paroles murmurées du nouvel arrivant. Il avait tout le loisir de récupérer sa promenade, son être ambulant, de jouir, avec quelque narcissisme, de chacun de ses pas.

La pluie, par le silence qu'elle venait de créer, constituait un signe. Elle disait aux spectateurs que quelque chose allait se passer, qu'il ne fallait pas croire à un calme apparent, que l'étranger réveillerait bientôt des passions faussement endormies. La province à la fois ennuyeuse et ardente, pleine de bonhommie et de cruauté, voilà ce que la pluie avait pour mission de révéler.

Elle nous montrait aussi une certaine beauté qui n'appartenait qu'à ces petites villes — qu'elles fussent de l'Anjou ou de la Guyenne. La pluie, en effet, avait lavé la ville de son pittoresque, de son animation superficielle. Elle la restituait à une étrange lassitude, à une nonchalance hautaine. Elle faisait voir, à l'étranger et à nous-mêmes spectateurs, ce qui, sans elle, serait demeuré inaperçu : cette place, ce square, ces pavés inégaux, cette horloge qui tintait, si distinctement, de cette façon-là. Elle prolongeait les "cris perdus", elle rassemblait les images précieuses. L'arrivant continuait à marcher sous l'ondée et il sentait que, pour la première et la dernière fois, il s'approchait d'un mystère : celui de ces objets qui seraient si beaux, si les hommes savaient s'effacer devant eux. Il n'y avait à ce moment-là que des pierres et des toits : l'enseigne du notaire admirable quand on oubliait l'existence du notaire, la façade d'un armateur ou d'un riche négociant (et cela n'importait pas en cette heure du soir), un café presque désert, où, seule, la serveuse finissait de laver quelques verres. Une porte cochère, un balcon, une plaque, une flaque devenaient belles. Demain la petite ville se réveillerait, elle ne se douterait même pas de la paix qui l'avait visitée pendant une soirée pluvieuse. Les hommes se remettraient à exister et il y aurait seulement des êtres qui chercheraient à gagner de l'argent et d'autres qui se sentiraient à la merci des plus puissants. Les uns et les autres marcheraient, sans vergogne, sur les pavés ; ils pousseraient les portes cochères, ils étendraient leurs mains sur les balcons.

Cette pluie, cependant, ne constituait pas seulement un hommage à une ville rendue à sa beauté. À mesure que la promenade se prolongeait, les intérieurs, un moment oubliés, apparaissaient — et c'était une face plus coutumière de la province qui nous était montrée. Il pleuvait, les gens s'étaient barricadés chez eux et la caméra posait son regard sur des salons peuplés, sur des tables autour desquelles les convives s'attardaient. Il ne s'agissait pas nécessairement d'une facilité cinématographique, car les persiennes closes, la lumière qui filtrait à travers les persiennes auraient pu dire — sans le secours d'une image explicite — la même chose. On nous introduisait dans l'univers de la pression provinciale : non point les passions extravagantes de Paris avec amours sauvages, brillantes réceptions, bals masqués, rapides ascensions sociales ou héritages dilapidés en quelques mois, mais les passions ressassées, faites de calcul et d'intérêt. Les membres de la famille parlent furtivement, à mots couverts. Ils se prêtent à une scène déjà jouée souvent. La pluie du dehors leur est une occasion de se rassembler, de se rapprocher une fois de plus et une lumière "avare" se répand sur leurs pauvres discussions.

Où se situait la vérité de telles scènes, au demeurant conventionnelles ? Dépassaient-elles le niveau du théâtre filmé ? Il nous semble que nous étions, grâce à la pluie et grâce à la caméra, en présence d'un dévoilement d'une petite ville exemplaire dans sa nature. L'on nous représentait seulement quelques intérieurs sans éclat et cependant toute la petite ville nous était restituée par un jeu de miroirs et de renvois réciproques. Tous ces clans qui se replient sur eux-mêmes vivent dans l'obsession, la jalousie ou la crainte des autres clans. Une famille paisible d'où émergent quelques crânes chauves, quelques regards fatigués, quelques visages épais, entame une histoire d'héritage mais elle sait qu'au même moment, dans d'autres salons semblables, d'autres familles qui lui sont alliées tiennent la même conversation. Ou encore, on cherche à étouffer une naissance illégitime et, de-ci de-là, autour des lampes, sous les lustres, l'événement est commenté. On voit donc comment la restitution, par la caméra, d'un seul ou de quelques intérieurs, pouvait recréer toute la conscience collective d'une ville de province. Chaque appartement particulier renvoyait à tous les autres appartements où l'on guettait et où l'on vivait les mêmes drames parce que chaque famille se savait menacée et traquée par toutes les autres et parce que, de son côté, elle espérait prendre en défaut les autres communautés.

Nous apercevons maintenant le rôle particulier que jouait la pluie, dans une petite ville de province : faire refluer, avec un peu plus de précipitation que d'habitude, les individus dans leurs domiciles, les enfermer en commun, pendant d'interminables soirées où ils auraient tout le loisir de trembler et de faire peur, de souffrir la longue passion des principes auxquels ils suspendaient leurs existences. D'une façon paradoxale, la pluie, en les dispersant, les rassemblait. S'ils s'étaient attardés dans la rue, s'ils avaient flâné sur la place publique, ils seraient demeurés dans un demi-état de conscience commune. Refluant chez eux, ils vivaient tous les uns par les autres : commerçants, petits fonctionnaires, notables, ils continueraient encore pendant leur sommeil à se traquer. La pluie à l'état de nature, la pluie sauvage a un tout autre effet. Elle unit le ciel à la terre, elle confond les êtres vivants et les objets, elle brouille les paysages. Elle impose une tonalité uniforme au monde. Dans une petite ville de province, elle n'imposait pas cette unité immédiate et atmosphérique. Elle jouait la dispersion pour créer des ressassements parallèles dont elle composerait une conscience collective.

Nous pourrions, en poursuivant ce thème, opposer les rencontres du faubourg populaire et de la petite ville de province — et voir pour quelles raisons il leur faut passer pour les premières par le soleil et pour les secondes par la pluie. Le peuple du faubourg se retrouve dans la rue au défilé du 1er mai, aux fêtes de juin, aux bals du 14 Juillet. Il lui faut du soleil, beaucoup de soleil et de chaleur, pour vivre à fond des journées de colère et d'attendrissement, pour extérioriser un débraillé bon enfant ou revendicateur. Quand il fait chaud, on boit, on s'essuie le front, on retrousse les manches, on fait voltiger les casquettes, on met des robes plus légères, on fait plus de poussière en marchant. On ose davantage s'interpeller et rire de n'importe quoi et on ne s'aperçoit pas que la nuit tombe. Les étoiles qui surgissent, ce sont encore des milliers de soleils, un peu plus lointains seulement.

On a le feu aux tempes, de jeunesse retrouvée, de désir et aussi de colère à l'idée de l'injustice sociale. Les coups de poing jaillissent rapides et terribles comme l'éclair. Le vin devient du feu dans les gosiers. À la foire, un bateleur avale du feu et crache des flammes, mais les banderoles que l'on brandit dans les manifestations, ce sont encore des oriflammes. Les ouvriers rassemblés s'avancent près des gardes mobiles, comme s'ils allaient au feu du combat : les mousquetons de la gendarmerie ne sont-ils pas du armes à feu ! Un peu plus tard s'élèvent les fusées soleils feu d'artifice : tourbillonnement, dans l'obscurité, des soleils de toutes couleurs et des fontaines brillantes. Les hommes, un peu à l'écart de la lumière, de la piste de danse et de son accordéon rougeoyant, allument leurs cigarettes — braises ardentes dans le noir. Les enfants jettent des pétards, des éclats de rire fusent et zigzaguent dans le noir. Les regards lancinants sont autant de brûlots qui déchirent la nuit. Il n'est pas rare qu'en fin de compte, un incendie se déclare quelque part : négligence d'un fumeur, raté un pétard... et cet incendie que l'on étouffe sans mal fait encore partie du feu de la fête.

Mais la petite ville de province n'est pas le faubourg et chaque lieu, nous le savons, exige ses symboles, ses heures et ses moments privilégiés. Quand il fait trop beau, les bourgeois de la petite ville se trouvent désarçonnés. La nature fait craqueler la surface des choses ; l'on pressent qu'il y a des existences qui recommencent à bourgeonner sourdement — un peu au-delà du boulevard que l'on arpente et qui semblait le bout du monde. Le vent amène des parfums sauvages et entêtants, venus d'ailleurs, de cet ailleurs non civilisé. Et peut-on encore se promener avec toute la dignité voulue ! Le faux-col irrite le cou, la chemise adhère à la poitrine, le corps devient de plus en plus gênant. De la sueur se met à ruisseler sur le front et l'on n'ose pas l'essuyer. D'où vient donc cette humidité grasse que l'on ne peut contrôler et qui ne se laisse pas intimider par le courroux d'une volonté habituée à être obéie sur-le-champ. Tout à l'heure, le manifestant du défilé populaire pensait ou disait "il fait soif", et il était heureux de sentir une force impersonnelle, irrésistible, commune à tous ses camarades envahir son corps, son gosier. Le bourgeois de la petite ville se sent humilié d'être encore soumis à la nature ; davantage il ne comprend pas que l'on transgresse ainsi les frontières de sa personnalité — strictement délimitées par les réseaux de sa volonté, de sa raison et de son intérêt.

La pluie, au contraire, comme nous l'avons vu, le ramène chez lui : seuls demeurent, dehors, des êtres sans feu ni loi. Il lui est enfin loisible de tourner en rond, dans ses préoccupations, pendant de longues soirées. Les notables, tous semblables et tous étrangers les uns aux autres, vont entreprendre, une fois le dîner terminé, la même veillée funèbre : ils ont tous enterré leur enfance, un amour romantique et fou, le goût sauvage de la terre et de l'été — et ils calculent combien il leur faudra attendre d'années pour bénéficier de tous les héritages qui leur reviennent — avant de devenir à leur tour des morts et des légataires en puissance : une pluie d'or et de cadavres.

Mais, après avoir pénétré dans les intérieurs d'une province sous la pluie, il nous faut revenir à notre image première : celle d'un homme qui arrive par temps pluvieux. Le voilà au milieu d'une ville offerte et refusée : offerte parce qu'il lui est permis d'orienter sa promenade où bon lui semble, de s'arrêter, quelques minutes, à un carrefour, devant une porte, sans trop craindre des regards indiscrets. Les statues des squares, les enseignes des boutiques et toute cette pluie qui tombe en fines gouttes, lui sont léguées sans partage. Jamais il ne possédera aussi pleinement cette ville qu'il scrute avec curiosité parce qu'il cherche encore à la découvrir et qu'il n'a pas eu le temps de haïr. Mais c'est aussi une ville refusée puisqu'il n'en aperçoit pas les occupants et qu'elle semble s'être mise en état d'hibernation pour se dérober à ses prises.

Il y a, peut-être, autre chose dans cette arrivée exemplaire : la rencontre de deux mystères, celui de la province et celui de Paris. En cette époque d'avant 39, la province est réputée méfiante, hypocrite, pour le moins réservée. Derrière ses persiennes se cachent bien des secrets. Par ailleurs on soupçonne le nouvel arrivant de débarquer de Paris pour des raisons peu claires. Il n'a pu se résigner à quitter la capitale qu'à la suite d'une malhonnêteté que l'on ignore encore. Il vient dans la petite ville pour tenter de recommencer sa vie. Une épreuve de force, d'un style particulier va surgir entre la ville et l'arrivant. Les deux protagonistes ont quelque chose à cacher. L'emportera celui qui démasquera l'autre. Ou bien l'arrivant sera, enfin, reconnu (et toute une série de questions lui sera posée par l'aubergiste, par la postière, par un enfant même. Il lui faudra les éluder avec habileté), dans ce cas il devra repartir. Ou bien la ville livrera son secret et elle tombera alors au pouvoir de l'étranger. Le mythe ne manque pas de grandeur, on suppose, d'une façon fantastique, qu'un homme peut à lui seul, s'emparer d'une ville, que tous les secrets d'une ville ne forment qu'une seule malédiction, qu'un seul et unique secret.

 

 

© Pierre Sansot (1928-2005), in Poétique de la ville, Thèse présentée en vue du doctorat ès Lettres, Paris X-Nanterre, 1971.

 


 

Texte soumis aux droits d'auteur - Réservé à un usage privé ou éducatif.

 

 

TABLE

 

 

PREMIÈRE PARTIE : Repères et partis pris

 

1. Pour une approche objectale de la ville

2. Sources et traditions urbaines

3. Détermination des critères

4. La ville désacralisée et désacralisante

5. Les conditions d'un déchiffrement de l'espace urbain

6. Les formes du sacré urbain

Un sacré qui nie la cité mais qui l'oriente

Un sacré qui éternalise les forces psychiques et leur projection sur l'espace urbain

Un sacré oraculaire qui se réalise dans la "répétition" du passé ou dans la vaticination du présent

Un sacré de la liberté

Quelle forme de sacralisation de l'espace retenir ? Sur quelle nécessité s'appuyer ?

7. Les poussées urbaines

Des poussées géographiques

Les poussées psychosociologiques

 

 

DEUXIÈME PARTIE : Du côté des trajets

 

8. Les portes de la ville : la gare

Une rupture

Le voyageur sans visage

La gare filtrante

Deux arrivées essentielles

La contre-voie

Lire la ville à contre-sens

Quitter la ville par le train

9. L'arrivée sous la pluie dans une petite ville

10. L'appropriation révolutionnaire de la ville

Il existe un droit à la rue

La geste révolutionnaire

Le défilé du Front populaire

La ville dont le prince était un étudiant

11. La dérive de l'homme traqué

Les axiomes de l'homme traqué

La dérive de l'homme traqué dévoile la ville

Les points de chute

Le faubourg immémorial

Le fleuve

La part de l'ombre

Être chômeur

Tout a un prix

La valeur du "montage"

12. Marcher, marcher dans la ville : cadences et rythmes urbains

13. Départ à l'aube et promenade matinale

14. La déambulation nocturne

La marche nocturne comme quête de soi dans une ville

Comme échange avec autrui et avec la ville

15. Quelques marches limites

16. Une symbolique de la circulation urbaine

Qu'est-ce qu'une rue vivante ?

Le carrefour

Le boulevard

17. Les transports de la ville

Autobus et tramways

Le trolleybus

Le taxi

Le métro

18. La rencontre de la Prostituée

19. Le crime du Clochard : l'alliance du fantastique et du merveilleux

20. Qu'est-ce qu'aimer une ville ?

 

 

TROISIÈME PARTIE : Du côté des lieux

 

21. La géographie sentimentale des quartiers

Les incertitudes d'une "pensée en survol"

Quartiers louches et lieux sinistres

La fronde du faubourg

L'univers pavillonnaire

22. La dialectique du dedans et du dehors

La réduction anthropologique des lieux

La partition de l'espace urbain

Les zones indécises

La manifestation de la ville

23. Les intérieurs de la ville

L'Éden retrouvé et à nouveau perdu

Misère et enfoncements du meublé

Les métamorphoses de la salle d'eau

Les bonheurs du studio

La dédramatisation de la salle de séjour

24. Lorsque les lieux résistent à l'inhumain

 

 

QUATRIÈME PARTIE : Vers une poétique de l'urbain

 

25. L'urbain et la ville

26. L'urbain et l'objet industriel

27. Le phénoménologique, le fantastique et le poétique urbain

 

 

 

 

 

 


 

 

 

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Pierre
Sansot
"Poétique de la ville est probablement le plus sensible, le plus exhaustif, le plus amoureux des livres écrits sur la ville. Monumental, riche et foisonnant, il résulte d’un pari insensé : qu’un homme puisse, à lui seul, s’emparer de la ville et nous en restituer toutes les facettes, tous les secrets. Qu’il s’agisse de l’arrivée sous la pluie dans une petite ville, des manifestations de rue, des dérives nocturnes ou des promenades matinales, des rythmes urbains, de la symbolique des artères, des transports, des clochards ou des prostituées, des quartiers et faubourgs, ou encore des intérieurs des hôtels, C’est un Sansot éblouissant qui nous révèle la géographie sentimentale des villes".

[Quatrième de couverture]